Ce qu'on ferait si on gérait la croissance de Taap.it.
On ne connaît pas encore @kylian_khalifa.
On a juste regardé son produit.
La LP, l'onboarding, le pricing, l'acquisition…
On l'a regardé comme un prospect. Puis comme des media buyers qui cherchent à comprendre pourquoi un SaaS avec ces métriques ne scale pas encore plus vite.
On en a sorti 14 points concrets. Certains sur l'acquisition, d'autres sur la conversion. Tous actionnables sans réécrire le produit.
Ce qu'on a trouvé est intéressant. Le produit est solide, le marché est là.
Mais il y a un écart entre ce que taap.it a déjà construit et ce qu'il en fait. Et cet écart, on le voit souvent chez les SaaS qui ont trouvé leur marché mais n'ont pas encore vraiment structuré leur croissance.
On partage ça publiquement parce que la plupart des points qui suivent s'appliquent à beaucoup d'autres SaaS. Si tu construis quelque chose, on a fait en sorte que tu aies beaucoup de value aussi (vraiment).
Le contexte :
100 000 utilisateurs. Plus de 100 M de clics trackés. Entre 500 et 1 000 inscriptions par jour.
Zéro campagne payante, c'est un choix assumé.
Kylian a construit taap.it sur une logique PLG pure : chaque lien publié par un utilisateur est une publicité gratuite pour le produit.
Ça a fonctionné jusqu'ici, clairement.
La question qu'on s'est posée : est-ce que cette dynamique peut être amplifiée, et est-ce qu'il y a des leviers que taap.it ne pousse pas encore ?
Ce qui suit, c'est ce qu'on a trouvé.
(posez vous et lisez jusqu'au bout, on y a passé du temps, autant en profiter, et tout ce qu'on décrypte ici marche pour n'importe quel autre produit)
I : Partie ACQUISITION
1/ L'ironie qu'on n'a pas pu ignorer : taap.it vend le tracking de conversion, mais ne s'en sert pas pour scaler :
C'est le premier truc qui nous a sauté aux yeux, et c'est peut-être le plus parlant de toute cette liste.
taap.it, c'est littéralement un outil qui mesure chaque conversion, du clic à la vente. Pixel, UTM, events de conversion, attribution du revenu réel. C'est le cœur du produit.
Ça veut dire une chose : taap.it est mieux équipé que 90% des SaaS pour lancer du paid rentable. Le truc que la plupart des annonceurs galèrent à faire (savoir vraiment ce que chaque euro dépensé rapporte), taap.it l'a déjà construit, pour lui et pour ses clients.
Et pourtant, zéro campagne.
Le jour où taap.it fait du paid en trackant tout avec son propre outil, il ne fait pas que générer des clients. Chaque campagne devient une démo vivante du produit.
"Voilà comment on a scalé notre acquisition en mesurant chaque conversion avec taap.it" : c'est un argument de vente et un case study, en plus des leads. Peu de SaaS peuvent transformer leur propre acquisition en preuve produit. taap.it, oui.
-> Applicable ailleurs : Si ton produit t'aide à mesurer ou optimiser quelque chose, ta propre croissance est la première vitrine de ce qu'il sait faire. Sers-t'en.
2/ La data first-party dort :
Avec 100 000 utilisateurs et une base de clients payants qui grandit chaque jour, taap.it a un actif que la majorité des SaaS n'auront jamais : une vraie liste de clients payants, exploitable.
(Petite précision : les 100 M de clics trackés, c'est de la data d'usage qui prouve la solidité du produit, pas une audience qu'on balance dans Meta. Ce qui est activable en paid, c'est la liste des clients payants. C'est déjà largement suffisant.)
Cette liste permet une chose précieuse : donner à Meta un signal de qualité. Tu pars de tes meilleurs clients payants, tu crées une custom audience, et tu laisses l'algo aller chercher les mêmes profils.
Concrètement, et en 2026, pas comme 2019 : on n'empile pas des lookalikes segmentés en tranches de 1%, 3%, 5%. Cette sur-segmentation éparpille le budget et empêche Meta d'apprendre.
On fait l'inverse : custom audience des payants comme signal, une audience large + Advantage+, et on nourrit le pixel avec la data payante pour que l'algo trouve les bons profils tout seul. Simple, large, et on laisse la créa faire le tri.
Le produit a déjà la social proof et le volume pour que ça parte vite. Le PLG a construit une très bonne base. Le paid pourrait en décupler la portée sans repartir de zéro.
-> Applicable ailleurs : Si tu as une base de clients payants, c'est le meilleur signal que tu puisses donner à Meta. Mais donne-le large, ne le découpe pas en tranches.
3/ Entre 500 et 1 000 inscriptions par jour, et personne ne retargete :
Avec ce volume, une part énorme du trafic découvre le produit, hésite, et repart sans passer au payant. Aucune campagne de retargeting visible.
Et le vrai gisement n'est même pas que les visiteurs qui hésitent sur le pricing. C'est les milliers de free users actifs qui utilisent déjà taap.it gratuitement sans passer Pro. Ça, c'est l'audience de retargeting la plus hot qui existe : des gens qui connaissent déjà le produit, qui s'en servent, et à qui il manque juste le déclic pour payer.
Un setup pixel Meta, une audience custom des free users actifs + des visiteurs pricing récents, et une séquence de retargeting simple :
angle 1, la feature payante qui leur manque (le tracking leads/ventes)
angle 2, la preuve sociale d'un client comparable,
angle 3, une raison d'agir maintenant.
Tu récupères une partie significative de ce trafic à un coût quasi nul comparé à de l'acquisition froide.
C'est le levier le plus rentable d'un funnel : tu paies pour reparler à des gens qui te connaissent déjà. Et pour taap.it, le retargeting ne sert pas à acheter du volume (il en a déjà), il sert à convertir le volume qu'il a déjà en payant. C'est ça le vrai sujet.
-> Applicable ailleurs : Le trafic qui hésite sur ton pricing, et surtout tes free users actifs, sont ton meilleur public et le moins cher à convertir.
4/ Des concurrents gagnent du terrain à votre place :
En cherchant, on est tombés sur PIMMS, qui se positionne frontalement contre taap.it : "eux c'est un simple link-in-bio, nous c'est l'attribution complète sans code". Leur angle d'attaque : le tracking de conversion de taap.it demanderait un dev et du code custom, là où eux l'offrent sans code dès le plan gratuit.
Et ils ne s'arrêtent pas là : ils ont industrialisé une page entière de comparaisons, "PIMMS vs Bitly", "vs Dub", "vs Rebrandly", "vs Linktree"… et "vs Taap.it" dans le lot. Autrement dit, quelqu'un a compris que ce marché est assez concurrentiel pour valoir le coup d'en farmer chaque acteur, un par un.
Que ce soit fondé ou pas, le point est le même : quand un concurrent t'attaque publiquement sur ta faiblesse et que tu n'as aucune présence paid, tu le laisses écrire le récit tout seul. Le paid, ici, c'est l'arme défensive :
campagnes de conquête sur les requêtes concurrent,
angles créa qui neutralisent l'objection "trop technique",
reprise de narratif.
Le silence en paid, sur un marché où des concurrents se bougent, c'est une part de marché qu'on laisse filer.
-> Applicable ailleurs : Si un ou des concurrents se positionnent contre toi et que tu ne réponds nulle part, ce sont eux qui définissent comment le marché te perçoit.
5/ Le produit est super pour faire des créas :
La majorité des SaaS galèrent à sortir des créas Meta : c'est du logiciel, c'est abstrait, dur à montrer. taap.it = l'inverse. Le produit se filme tout seul, et il donne de quoi décliner les angles qui marchent le mieux en ads SaaS.
6 angles que je kiffe, version taap.it :
Before / after : le lien cassé qui ouvre un in-app browser pourri, vs le deeplink qui envoie direct au bon endroit. 5 secondes, pas besoin de mots.
Comparaison : taap.it vs un simple Bitly : l'un redirige, l'autre track du clic à la vente.
Preuve sociale : Revolut, Red Bull, Betclic en créa : "l'outil utilisé par des marques que tu connais".
Data-driven : le dashboard qui s'anime au premier clic, source et device en temps réel. Le moment où ça devient un outil de décision.
Pain point : La douleur que taap.it résout, dite en une ligne avec un visuel hookant.
Meme : les vanity metrics vs les vraies ventes trackées. L'humour passe mieux qu'une démo, très sous coté imo (surtout en SaaS).
Outre les exemples : taap.it n'a pas à repartir de zéro en créa à chaque campagne. Le produit nourrit déjà la moitié de ces angles. C'est un luxe que la plupart des SaaS n'ont pas.
-> Applicable ailleurs : Les angles qui marchent, beaucoup les connaissent. La différence, c'est de savoir les tirer de ce que ton produit montre déjà. Pars du produit, pas de la créa.
II : Partie CONVERSION
6/ Problème de friction et un plan difficile à justifier :
13€ par mois pour 50 liens, 2 link in bio, 0 domaine personnalisé, pas de pixel, pas de liens personnalisés. Pour quelqu'un qui veut vraiment utiliser taap.it, ce plan ne suffit pas, et le Pro à 30€ (40 € au mois) représente un saut de x2,3 pour débloquer ce qui manque.
Un détail de pricing qui interroge aussi : le Starter est uniquement disponible en paiement annuel. Tous les autres plans peuvent se payer au mois. Il y a probablement une raison derrière ça : réduire le churn sur le plan d'entrée, améliorer le cashflow, autre chose. Mais côté prospect, ça rajoute une friction au moment où il hésite déjà. Tu demandes un engagement annuel sur un plan qui ne convainc pas encore vraiment.
Résultat : le Starter ne convainc pas assez pour qu'on le paie sereinement, et le Pro peut sembler trop loin. Rééquilibrer ce que contient le Starter, ou ouvrir le paiement mensuel, ferait du plan d'entrée une vraie porte d'entrée.
Et ce n'est pas que le Starter. Sur toute la page pricing, les prix s'affichent par défaut en annuel : le Pro est présenté à 30€/mois. Sauf que quand on clique pour payer la bill est de 360 €. Le prix "d'appel" est donc celui d'un engagement annuel, et le prospect découvre ça par manque de clarté, là où il est déjà en train de sortir sa carte. Or tout le monde ne prend pas l'annuel, loin de là.
Le problème n'est pas de push le tarif annuel, c'est smart. Le problème, c'est de laisser le prospect découvrir ça au dernier moment : ça crée une micro-friction pile au pire endroit du funnel. Afficher clairement les deux (mensuel ET annuel, avec l'économie mise en avant) au lieu de ne montrer que l'annuel déguisé en prix de référence, ça transforme une surprise désagréable en argument de vente.
-> Applicable ailleurs : Si tu affiches un prix annualisé comme prix principal, assure-toi que le prospect voit le prix mensuel réel avant le checkout.
7/ La promesse de la LP dépasse ce que le pricing tient :
La LP de taap.it promet de mesurer ce que tes liens génèrent vraiment : clics, leads, ventes. C'est une belle promesse. Dans les faits, le suivi des leads et des ventes est uniquement sur le plan Business à 128€. Le Starter et le Pro ne trackent que les clics.
Le prospect qui arrive convaincu par cette promesse la découvre verrouillée au moment du pricing. Ce décalage crée de la friction là où il faudrait de la confiance. Aligner la promesse de la LP avec ce que chaque plan délivre vraiment résoudrait ça proprement.
Même logique pour les intégrations (Zapier, Stripe, Make) réservées au Business : ce qui rend un outil indispensable dans une stack est verrouillé tout en haut.
-> Applicable ailleurs : ce que ta page d'accueil promet doit être accessible sur le plan d'entrée, ou clairement attribué au plan concerné.
8/ Des logos en or laissés en décoration :
Betclic, Revolut, Red Bull, Duolingo apparaissent sur la LP. On ne sait pas exactement dans quel contexte : références clients, apps compatibles, autre chose. Mais peu importe : ce sont des noms que la plupart des SaaS ne peuvent pas afficher.
Et ils sont posés là sans contexte ni résultat. Si même une partie de ces marques utilise taap.it activement :
"Betclic a augmenté son CTR de 18% avec taap.it" vaut 100 fois la rangée de logos muets. La donnée est peut-être déjà dans le dashboard.
Et ces logos ne servent pas qu'à la LP : en créa Meta, "l'outil de tracking utilisé par Revolut et Red Bull, à partir de 13€/mois", c'est un contraste prestige/prix qui claque. Un asset créatif que peu de SaaS peuvent se permettre.
-> Applicable ailleurs : Tes clients ont des résultats dans leurs dashboards. Demande leur la permission de les afficher.
9/ Les témoignages parlent du produit, pas du résultat :
Les 3 témoignages présents ne contiennent aucun chiffre. "Mieux que tout ce que j'ai testé avant" ou "interface design et ergonomique" parlent de l'expérience, pas de ce que ça a changé concrètement.
Le seul intéressant est Louis, qui explique rediriger les prospects de ses clients directement dans le navigateur pour ses ads, mais même lui ne donne pas de chiffre.
Un témoignage qui convertit : nom, photo, résultat chiffré, contexte. Le reste, c'est du remplissage.
-> Applicable ailleurs : Quand tu collectes un témoignage, pose une seule question : "qu'est-ce que ça a changé concrètement pour toi ?"
Tout le reste vient après.
10/ La section "Demander à ChatGPT" : nice, mais un angle mort possible :
C'est une des idées les plus originales qu'on a vues sur une LP SaaS récemment. Envoyer le prospect vers ChatGPT pour qu'il décide si taap.it est fait pour lui, c'est cool et ça tranche avec les LPs classiques.
On n'a pas les données. Peut-être que ça convertit très bien, peut-être que ça crée de la confiance par transparence. On ne sait pas.
Ce qu'on note juste : une IA externe peut recommander un concurrent, pointer une faiblesse, ou répondre tiède. Si l'idée plaît, une version interne : un comparateur que tu contrôles, garderait l'originalité tout en maîtrisant le narratif. Mais c'est une piste, pas une critique.
-> Applicable ailleurs : L'originalité sur une LP c'est bien. Mais garder la main sur ton discours au moment de convaincre, c'est important.
11/ L'onboarding guide l'utilisateur en 5 étapes :
deeplink, link in bio, QR code, analytics, extension Chrome. La séquence est logique et le parcours est là.
Ce qui manque, c'est un signal explicite sur ce qui rend le produit indispensable. "Découvre tes analytics en temps réel" est l'étape 4 sur 5, sans mise en avant particulière. C'est pourtant le moment où taap.it passe d'un raccourcisseur de liens à un outil de décision : le premier clic tracké en temps réel, avec la source, le device, la localisation. Nommer ce moment pour ce qu'il est, et orienter les premières étapes vers lui, accélérerait la conversion free vers paid.
-> Applicable ailleurs : Trouve le moment où ton produit devient indispensable pour l'utilisateur. Construis tout l'onboarding pour y arriver le plus vite possible.
12/ Le CTA principal de la LP : "Commencer gratuitement" :
Il fait le job pour du PLG : faible friction, entrée immédiate dans le produit. Mais il parle à un profil : le solopreneur ou le créateur qui veut tester par lui-même.
Le problème, c'est que la même LP vend aussi un plan Business à 128€/mois. Ce profil : directeur marketing, agence, responsable ecom, ne se convertit pas sur un "Commencer gratuitement". Il veut voir le produit, poser 2 questions, valider que ça rentre dans sa stack. L'option "Réserver une démo" existe, mais elle n'est pas vraiment dans son chemin naturel de lecture.
La suggestion : ajouter un CTA secondaire à hauteur du plan Business uniquement. Pas "Réserver une démo", trop corporate. Quelque chose comme "Voir taap.it en action" ou "Parler à l'équipe". Un profil Business qui voit "Commencer gratuitement" à côté d'un plan à 128€ se dit qu'il n'est pas au bon endroit.
-> Applicable ailleurs : dès que tu as plusieurs profils d'acheteurs sur une même LP, donne à chacun un CTA qui lui parle. Le CTA universel optimise pour le volume, pas pour la valeur.
13/ La séquence email post-inscription : le levier avec peut être le meilleur ROI du SaaS
Taap.it fait bien les choses. On a créé un compte sans même prendre l'essai gratuit : emails reçus chaque jour, séquence bien calée. Peut être donner plus de longévité à la séquence serait intéressant.
On en profite pour le dire aux autres : c'est probablement le truc le plus sous coté de cette liste. Une séquence en 5 emails : bienvenue, premier lien, premiers analytics, cas d'usage avancé, upgrade, change directement le taux free -> paid. Il y a encore des SaaS qui ne l'ont pas, ou l'ont mal fait (il faut quand même éviter à tout prix le slop de l'IA et avoir un peu de goût). Des centaines de comptes créés chaque jour qui ne comprennent pas la valeur et ne reviennent jamais.
-> Applicable ailleurs : Si tu n'as pas de séquence email post-inscription, c'est ton premier chantier. Avant les ads, avant le contenu, avant tout.
14/ (Bonus) Ce qu'on n'a pas mentionné : Radar :
taap.it ne fait pas que raccourcir des liens. Ils ont sorti Radar : un outil d'analytics qui connecte trafic et revenus dans un seul dashboard, avec une connexion Stripe native. 138 clients payants (aux dernières infos) dont 100+ agences en quelques mois. C'est une bonne traction sur un segment précis.
@mathiaschpl et @Gregoirechp étaient derrière, et ils ont fait un build in public de fou. Ils ont arrêté l'aventure début juillet, mais ce qu'ils ont build reste un bon exemple de ce qu'un produit bien positionné peut faire en quelques mois.
Mot de la fin :
On a passé beaucoup de temps à analyser ce produit. Et c'est parce que ça en valait le coup.
taap.it a ce que la plupart des SaaS cherchent pendant des années : de la traction organique, de la data, et une base solide. C'est rare.
Ce qui suit : le paid, le funnel, le pricing , c'est pas des erreurs mais simplement de l'amplification.
Aucun de ces points ne demande de réécrire le produit. Tout est activable en quelques semaines.
Si t'es Kylian et que tu veux en parler plus, on est en bio (withscale.xyz) ou en dm.
Si t'as un SaaS et que tu te reconnais dans un des points : même chose.
(et on peut aussi passer jeter un oeil à ton produit si il est déjà validé)
PS : Tout ça vient de ce qu'on voit de l'extérieur. On n'a pas les chiffres internes, pas les contraintes de la boite, pas le contexte complet. On peut se tromper.